Que se passe t-il dans la tête de ces skippers qui partent pour cette course mythique !
Le Vendée Globe est un tour du monde qui passe par 3 caps avec des règles bien spécifiques. Il y a des portes à franchir et d'autres comme les portes de glaces qu'il faut franchir dans certain sens ou pas franchir, de plus vous n'êtes pas sans savoir qu'il faut "jouer" avec les caprices de la météo, et ces derniers temps, elle fait un peu, et même beaucoup, ce qu'elle veut et que c'est violent.
Donc ces skippers sont prêts, ou pas, à lever l'ancre demain à midi, des Sables d'Olonne pour environ 3 mois de mer sans escale et sans assistance sur des monocoques.
Ce matin, j'ai lu un commentaire d'Hervé Laurent (skipper mais maintenant routeur pour certaines grandes courses), qui définit vraiment ce qui se passe dans leur tête, par l'intermédiaire d'un voileux sur facebook ( merci Gaël ), et je ne peux m'empêcher de vous le transmettre en espérant que vous n'aurez pas, tout comme moi, la boule au ventre à la fin de la lecture.
Tout
d’abord il y a la dernière douche, très tôt le matin, après une nuit
sans sommeil (à la recherche du petit détail que l’on a oublié et qui va
empoisonner la vie pour les mois à venir). Cette ultime douche est
minutieuse et méthodique pour être le plus propre possible, alors que le
soir même le corps sera crasseux de transpiration.
Ensuite la prise du petit déjeuner qui doit être copieux, se fait sans appétit, le film de la journée trotte dans la tête.
Le dernier briefing météo permet de se mettre dans la course.
L’arrivée sur les pontons se fait dans une ambiance de satisfaction à
l’idée de partir enfin après des mois de préparation et le malaise de
quitter sa famille et ses proches.
Le moment le plus intense de
cette journée est certainement le départ du ponton avec la famille et
les amis qui sont là, sous le regard pudique de nombreux journalistes,
respectueux de l’intimité du moment. Des pleurs, des rires, des silences
rythment les largages de chaque bateau. Les mots manquent ou se font
dérisoires.
Puis vient la descente interminable du long chenal
de sortie des Sables D’Olonne où il faut oublier la course et sa
concentration (présente dans la tête depuis plus d’une semaine), pour
rendre au public la chaleur humaine et l’émotion qu’il vous offre dans
ses encouragements.
A la sortie des digues de protection du
port, il faut se remettre instantanément dans la course. Il ne reste que
quelques minutes pour faire les derniers rangements, élaborer la
tactique du départ définir la voilure à établir sur la mâture pour
réaliser le parcours côtier dans les meilleures conditions possibles.
Juste avant le départ, les préparateurs débarquent et là, la communion entre le skipper et le bateau peut commencer.
Le départ en lui-même ressemble à celui de n’importe quelle course
transocéanique (pour ceux qui en ont déjà fait plusieurs). Il y a juste
quelques hélicoptères en plus, qui bourdonnent dans les oreilles et plus
de bateaux spectateurs qui empêchent une bonne vision des bouées du
parcours côtier.
Cette régate côtière est un cruel dilemme car il
faut en faire un beau spectacle de compétition devant les caméras, les
sponsors, les autres concurrents (c’est bon pour le moral !) et ne pas
prendre de risques car la route est encore longue. La concentration est
extrême, le cœur bat à 140 pulsations/minute, la moindre erreur de
manipulation du bateau peut être fatale.
Le soir venu lorsque
les derniers bateaux suiveurs, les hélicoptères sont revenus vers la
côte, le bateau glisse alors dans un relatif silence, et à ce moment
très précis la solitude envahit le voilier, alors qu’il ressemblait
plutôt à une fourmilière lors de ces dernières semaines de préparation.
L’horizon semble alors très loin devant, la terre est ronde, je peux le confirmer, j’en ai fait le tour…
Le jour du départ du VENDEE GLOBE est un moment de contrastes où l’on
passe d’un contact très fort avec ses proches et des milliers de
spectateurs, à une lourde solitude qui tombe sur la tête brutalement.
Ce jour du départ du VENDEE GLOBE fait partie de mes plus mauvais moments de courses.
Alors bon vent à tous, pour ma part je vous suivrais de près puisque je ferai la course en virtuel et d'ailleurs dans le groupe de copains dans lequel je suis sur un site de voile, je suis la seule femme, tout comme Samantha Davis, en réel, à la seule différence, moi je ne navigue pas!!!!
moi, j'ai le mal de mer alors tu penses un truc pareil !! bisous
RépondreSupprimerPour ma part je voudrais être un objet, enfin n'importe quoi, pour être sur un des bateaux et vivre cela de l'intérieur, je suis certaine que j'aurais très peur mais l'adorerais.
RépondreSupprimerBisous et meilleure santé